365 jours dans la vie d’Annabelle et d’Anna Fea, sa poupée-création

Anna Fea se balade dans les rues d’Angers…

C’est l’histoire d’une performance artistique au long cours. Sur Instagram, durant 365 jours Annabelle embarque Anna Fea son « miroir déformant » ou l’expression de sa dualité pour un voyage à la rencontre de lieux improbables. À Angers, dans sa région, près de l’océan, ailleurs… Pendant cet audacieux périple en forme de clin d’œil à Amélie Poulain, chaque jour l’artiste-photographe s’astreint à mettre en scène sa poupée-création en convoquant d’heureux hasards et les références aux artistes qui peuplent son panthéon personnel. Manet, Courbet, Man Ray, Bettina Rheims, Botero entre autres…

Annabelle ?
Elle s’était déjà fait remarquer en inscrivant sa première grossesse au centre de son travail de fin d’études quand elle fréquentait les Beaux-Arts. Plus récemment, l’artiste s’est distinguée en signant les textes des chansons du groupe Estrella.
Sous ses airs posés et calmes, une puissante énergie créative bouscule en permanence cette femme si singulière et si peu frileuse. Du moins artistiquement parlant. Et Anna Fea lui a permis de canaliser pour un temps le magma qui l’incite régulièrement à se lancer des défis nouveaux.

Annabelle et Anna Fea devant le Cube, le bien bel endroit qui accueille l’exposition
(photo Michèle Engibault)

Anna Fea ? Autrement dit « Anna Moche » dans une traduction espagnole littérale…
« Mon prénom a parfois été lourd à porter… » constate Annabelle « Il sonne un peu comme une injonction à privilégier l’apparence. D’ailleurs, à l’image de beaucoup de femmes, longtemps je me suis appliquée à me conformer à cette demande si prégnante de la société. Heureusement, cette poupée, pas plus jolie que ça, a fait son entrée dans ma vie. Grâce à Anna Fea, pièce maîtresse de ce nouveau pari, je me suis libérée de nombreux carcans ! J’ai été au-devant des lieux et des rencontres les plus improbables, mais j’ai aussi fait la paix avec la petite fille que j’avais été. Anna Fea et moi, nous avons “baroudé” et nous avons fait du shopping. Nous avons affronté les vagues de l’océan et nous sommes allés ensemble chez le coiffeur. Certainement curieuse de nature, elle a adoré les visites dans les musées et notre rendez-vous chez la tatoueuse. Cette dernière ayant tenu à la gratifier d’un magnifique tatouage qu’elle arbore fièrement désormais »

Anna Fea après s’être rendue chez le tatoueur…

« Je suis ce que je fais » Louise Bourgeois
Cette phrase, Annabelle l’a fait sienne grâce aussi à son double un peu contrarié par moments. En effet, son long « compagnonnage » avec Anna Fea lui a permis de s’émanciper du regard des autres. Cette performance artistique – réalisée en partie durant le premier confinement – lui a également permis d’échapper à la routine. D’autre part, l’artiste a bien conscience que la poupée l’a amenée à exprimer des sentiments liés à l’intime.

Du quotidien dans l’art et de l’art au quotidien
L’intime ? Dans la vie d’Annabelle, la créativité se place toujours aux premières loges. Et depuis toute petite, elle se nourrit d’un monde imaginaire n’appartenant qu’à elle et qui sait la combler tout en la rendant plus forte. Dans ce cocon douillet, sa solitude s’apparente à de la joie. Tant que sa sensibilité peut s’exprimer, tant qu’elle peut partager ses enthousiasmes : tout va bien. Et pour elle, l’art se niche partout. Au MOMA de New York, au Louvre, mais aussi dans les scènes les plus banales de la vie de tous les jours. Pour peu que l’on y pose un regard attentif.

Annabelle et Anna Fea, deux personnages très spirituels.

Un voyage longue distance durant 365 jours : ça use, ça use…
Courir un marathon artistique durant 365 jours n’a pas toujours été de tout repos. Loin de là. Et Anna Fea, petite créature qui fleure bon le plastique, a fini par prendre beaucoup de place dans l’existence de sa compagne. À chaque jour s’imposait un impérieux devoir : accoucher de la bonne idée qui engendrerait la bonne image. Autant dire qu’à l’aube du 366e jour, Annabelle s’est sentie satisfaite, mais libérée.

Anna Fea en pincerait-elle pour l’anarchie ? 😉

L’adresse du Cube, lieu dans lequel se déroule l’exposition : 32, rue Maillé à Angers – Le site web pour les conseils pratiques avant de vous y rendre ICI
L’intégralité de la folle aventure d’Annabelle et d’Anna Fea sur Instagram @anna_fea2020