Rue d’Antioche : des ardoises pour toi et moi.

La douce mélancolie signée Charles Trenet…

Si on souhaite s’évader, on peut choisir de partir à l’autre bout du monde ou simplement lever la tête vers le ciel quand on marche dans la rue. C’est ce qui m’est arrivé un jour de chance où j’allais acheter de délicieuses dattes Deglet nour dans une épicerie proposant des produits d’Afrique et du Maghreb en particulier. Pour rejoindre cette boutique — elle-même une véritable promesse d’évasion — j’ai dû emprunter une drôle de rue qui réserve de drôles de surprises. La rue d’Antioche. Un nom qui évoque le voyage et qui se prête à la rêverie. Les plus érudits savent certainement qu’Antioche fut jadis une ville très prospère et très animée. Située en Turquie près d’Antakya, cette cité historique dans laquelle cohabitaient harmonieusement les ethnies les plus diverses marquait également le départ de la route de la soie. Mais revenons à nos moutons et plus précisément à la rue qui nous intéresse… Lire la suite

Sa pyramide fête ses 30 ans, le Louvre part en campagne avec Dream On.

« Happy birthday to you ! »

En communication, quand on aborde un sujet aussi prestigieux que le Louvre, mieux vaut faire preuve d’humilité. Sans se laisser toutefois submerger par l’incontestable aura du sujet en présence. Casse-tête chinois ? Que l’on se rassure, Dream On possède toute la légitimité et le savoir-faire pour éviter cet écueil. Afin de fêter comme il se doit les 30 ans de sa fameuse pyramide jadis décriée et adulée aujourd’hui, l’agence signe une campagne toute en majesté et toute en finesse qui rend un très bel hommage à cette institution à la renommée mondiale. Cet anniversaire coïncide également avec la mise en lumière d’une nouvelle signature.

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Pour le T-Roc de Volkswagen, une campagne bof, beauf, bof ?

Les femmes apprécieront-elles ce slogan aux accents si machistes ?

C’est bien connu, les hommes sont de grands enfants. Et si l’on en croit la campagne dévoilée à propos du T-Roc de Volkswagen, beaucoup n’ont qu’une envie : le rester. Quant à moi, même si jusqu’à nouvel ordre je suis un homme, j’ai tout de suite saisi (avec soulagement) que je ne faisais pas vraiment partie de la cible du célèbre constructeur allemand. Par le passé, le fleuron de l’automobile d’outre-Rhin nous a souvent régalés avec des créations délicieusement minimalistes, décalées, espiègles, humoristiques, dans l’air du temps… Avec cette mise en avant du T-Roc, rien de tout cela. Du moins selon moi.

En parcourant les accroches, on comprend très vite à qui ces manifestes pro-Suv* s’adressent. À la fine fleur des machos dont l’esprit rétrécit aussi vite que leur voiture grossit. Et on croit rêver. Sous couvert d’impertinence, la campagne nous sert les plus beaux poncifs à propos des rapports hommes/femmes notamment. Et on assiste éberlués à l’apologie du mâle « brut de décoffrage », dominant assumé, chantre bienheureux de la civilisation de l’automobile triomphante, sûr de lui et de sa supériorité. Du moins quand il conduit son beau T-Roc. Toisant de son regard satisfait les conductrices et les conducteurs de plus petits modèles. On se demande alors avec tristesse comment de bons pères de famille (apparemment le cœur de cible du T-Roc) peuvent se reconnaître dans ces caricatures affligeantes que l’on croirait dater de l’homme de Néandertal (ou presque). Et il faut bien le dire, la frayeur nous gagne.

« Ô toi,
l’homme suffisant
et fier de l’être ! »

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« Cafetières Bialetti, what else ? »

1. Bialetti orange pour un café qui donne la pêche.

Les amateurs de bon café et tous ceux qui se soucient de la santé économique de nos voisins italiens ont appris avec beaucoup de surprise et de tristesse que l’entreprise Bialetti rencontrait de grandes difficultés. Personnellement, je suis tombé de haut ! Il faut dire que la cafetière créée par Alphonso Bialetti en 1933 m’accompagne depuis tout petit. Eh oui, une partie de ma famille est d’origine italienne et dans nos cuisines, trônait au moins un exemplaire des célèbres « Moka express ». Renseignements pris, ces magnifiques ustensiles fabriqués à la gloire du café « maison » n’auraient plus vraiment la cote. Même dans le Piémont ou en Sicile. Chahutés par les détestables dosettes vantées par le non moins sympathique sieur Clooney.

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Tohu-bohu médiatique et FIPothérapie.

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Par les temps qui courent, et afin d’échapper à la désinformation générale qui pourrait entamer mon moral d’acier, comme Jack Dorsey le fondateur de Twitter, j’écoute FIP à longueur de journée. Du moins quand je ne travaille pas. Exemple d’une probable falsification de l’information à venir et préconisation du remède miracle en FIP majeur.

En lisant la newsletter du journal Stratégies le lundi 21 janvier, une brève a particulièrement attiré mon attention. Contrairement à ce que l’on a pu entendre dire ici ou là, le chiffre d’affaires de la grande distribution a augmenté de 1,7 % par rapport à l’année dernière entre le 17 décembre 2018 et le 6 janvier 2019. Les ménages français ont fait des achats record de dernière minute. Et le dimanche 23 décembre (+ 8, 5 % / au 24 décembre de l’an passé) est le meilleur dimanche des deux dernières années.

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Vœux 2019 : un rédacteur, sinon rien !

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Il en est des mots comme des piles, certains s’usent à force de trop servir. Dans le champ lexical lié aux fêtes de fin d’année par exemple, l’emploi de l’expression consacrée « Joyeux Noël et bonne année ! » commence à poser problème. Et elle a désormais un léger parfum d’eau de Cologne éventée. En effet, dans un monde à l’économie imprévisible et en perpétuel mouvement, l’avenir paraît toujours un peu incertain. Personne n’est dupe. Et il serait incongru de se montrer benoîtement confiant. Sous peine de passer pour un illuminé ou un inconscient. Objectivement, il est pour le moins difficile d’envisager les années qui se profilent en toute quiétude. Le remède à tout cela quand on souhaite rester crédible tout en redonnant puissance et pertinence à sa communication à l’occasion des vœux ? Faites appel à votre rédacteur attitré : il vous dénichera un magnifique bouquet de mots éclatants. État des lieux et solutions.

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Il y a quelques années encore, fin novembre et tout début décembre commençait une période particulièrement dense dans l’emploi du temps des spécialistes de l’écrit… Celle où on leur demandait de concevoir et de rédiger les cartes de vœux des annonceurs. Comme je suis rédacteur, je me suis très souvent prêté à cet exercice même si quelquefois, je frisais l’indigestion de belles intentions formulées et de bons sentiments exprimés. Et comme mon parcours est assez riche en rencontres professionnelles, j’ai servi de « nègre » à bon nombre d’enseignes œuvrant dans les domaines les plus divers, mais toutes désireuses de souhaiter un joyeux Noël et une bonne année à leur clientèle, à leurs partenaires, aux institutions. À mon palmarès : la Camif, Yves Rocher, la MACIF, la MAIF, la région Pays de la Loire, la Région Poitou-Charentes, Graphibus, Famille Mary, National Tours, les Relais Thalasso… J’en passe et des meilleurs. À chaque fois, le défi consistait à développer un concept suffisamment fédérateur pour séduire un ensemble de cibles hétérogènes. Sachant que la finalité restait toujours quasiment la même : présenter l’entité sous son jour le plus flatteur et produire un discours joyeux, mais forcément un peu surjoué, décrivant l’avenir de la relation bilatérale en question comme une paisible promenade sur un chemin recouvert de pétales de rose. Lire la suite

Myriam, la voix d’Elvis pour éclairer sa voie.

En 1976, la jeune Myriam assise sur l’un des bancs mythiques de Graceland (1)

Elvis a accompagné son adolescence et reste une source d’inspiration très présente dans sa vie d’adulte. Myriam voue une admiration sincère et exigeante à l’une des figures les plus importantes de la musique au XX ème siècle. Géographe de formation, c’est également un véritable puits de science concernant la carrière du King. Elle a accepté de parler à bâtons rompus avec nous de cet artiste si particulier et finalement si méconnu, particulièrement dans l’Hexagone. Elle nous livre plusieurs souvenirs émouvants de sa jeunesse provinciale durant laquelle il tenait une place si importante. Avec beaucoup de gentillesse, elle a également effectué pour nous une sélection des CD, des livres et des DVD les plus pertinents concernant la carrière d’Elvis. Vous pourrez la retrouver à la fin de l’interview.

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Fantastique ! L’écrit s’invite à l’Opéra…

« Ah bon, la rédaction, c’est un métier ?… »

Article à propos de la campagne réalisée pour l’Opéra national de Paris, signée par l’agence Dream On et photographiée par des artistes de talent tels que Bill Viola (octobre 2018).

Tristan et Isolde : auteur-photographe Bill Viola – Concepteur-rédacteur : John Doe

Quand on est rédacteur et que l’on travaille dans le monde de la communication, on entend souvent ce triste refrain : « Ah, vous savez les textes, personne ne les lit ! » Et quand on voit la place prédominante accordée à l’image dans de nombreux supports de publicité, on pourrait finir par croire que ces esprits chagrins ont raison… Une fois pour toute, ne nous fions pas aux apparences. La suprématie de l’image est un leurre. Et dans une campagne réussie, n’en déplaise à certains, les mots comptent souvent doubles ou triples. Comme au Scrabble. Et font au moins toujours jeu égal avec la partie visuelle. La nouvelle campagne de promotion des spectacles de l’Opéra de Paris nous en offre la plus parfaite illustration.

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Pour ou contre l’open space ? Un rédacteur se met à table…

L’open space, tel qu’en lui-même, un espace épuré à l’extrême…

« Un peu moins d’open spaces et beaucoup plus d’espace vital ! »…
Le cocktail le plus énergisant pour les entreprises dans les années qui viennent ?

Régulièrement, la presse se penche sur le sujet ô combien sensible des « open spaces », ces espaces ouverts dans lesquels cohabitent très souvent les salariés au sein de leur entreprise. Selon les chiffres avancés par Stratégies dans un article intitulé « Et si on faisait bureau à part ? », 80 % d’entre eux travaille dans ce type de configuration. Avec plus ou moins de bonheur semble-t-il. Rédacteur free-lance, je suis évidemment plutôt « espace fermé » : entendez par là que ma vie professionnelle se déroule généralement dans le périmètre confiné de mon appartement. Espace ouvert, espace fermé… Spontanément, la première appellation tend à évoquer la liberté, l’échange, la convivialité. Quant à la deuxième (pauvres rédactrices et rédacteurs !), elle semble nous conduire directement vers les rives sombres du repli sur soi, de la solitude et de la désocialisation. Heureusement, il faut toujours se méfier des apparences, rien n’étant jamais tout blanc ou tout noir. Et l’open space, même s’il bénéficie d’une dénomination très flatteuse, ne donne pas entière satisfaction à ses usagers. Loin s’en faut. Afin de partager quelques réflexions sur ce sujet ô combien d’actualité, j’ai décidé de m’interviewer. À l’heure où l’humanité s’adonne aux selfies avec frénésie, subissant sans broncher la dictature de l’image, je me suis dit qu’il était temps de porter l’auto-interview en tête d’affiche du concert communicationnel universel. Et peut-être ferai-je des émules ?

Que révèle l’expérience évoquée par Stratégies et effectuée par Stephan Turban et Ethan Bernstein, tous deux professeurs à la Harvard Bussiness School ? Lire la suite