Vœux 2019 : un rédacteur, sinon rien !

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Il en est des mots comme des piles, certains s’usent à force de trop servir. Dans le champ lexical lié aux fêtes de fin d’année par exemple, l’emploi de l’expression consacrée « Joyeux Noël et bonne année ! » commence à poser problème. Et elle a désormais un léger parfum d’eau de Cologne éventée. En effet, dans un monde à l’économie imprévisible et en perpétuel mouvement, l’avenir paraît toujours un peu incertain. Personne n’est dupe. Et il serait incongru de se montrer benoîtement confiant. Sous peine de passer pour un illuminé ou un inconscient. Objectivement, il est pour le moins difficile d’envisager les années qui se profilent en toute quiétude. Le remède à tout cela quand on souhaite rester crédible tout en redonnant puissance et pertinence à sa communication à l’occasion des vœux ? Faites appel à votre rédacteur attitré : il vous dénichera un magnifique bouquet de mots éclatants. État des lieux et solutions.

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Il y a quelques années encore, fin novembre et tout début décembre commençait une période particulièrement dense dans l’emploi du temps des spécialistes de l’écrit… Celle où on leur demandait de concevoir et de rédiger les cartes de vœux des annonceurs. Comme je suis rédacteur, je me suis très souvent prêté à cet exercice même si quelquefois, je frisais l’indigestion de belles intentions formulées et de bons sentiments exprimés. Et comme mon parcours est assez riche en rencontres professionnelles, j’ai servi de « nègre » à bon nombre d’enseignes œuvrant dans les domaines les plus divers, mais toutes désireuses de souhaiter un joyeux Noël et une bonne année à leur clientèle, à leurs partenaires, aux institutions. À mon palmarès : la Camif, Yves Rocher, la MACIF, la MAIF, la région Pays de la Loire, la Région Poitou-Charentes, Graphibus, Famille Mary, National Tours, les Relais Thalasso… J’en passe et des meilleurs. À chaque fois, le défi consistait à développer un concept suffisamment fédérateur pour séduire un ensemble de cibles hétérogènes. Sachant que la finalité restait toujours quasiment la même : présenter l’entité sous son jour le plus flatteur et produire un discours joyeux, mais forcément un peu surjoué, décrivant l’avenir de la relation bilatérale en question comme une paisible promenade sur un chemin recouvert de pétales de rose.

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Et puis, à la vitesse V, Internet a installé son hégémonie dans le paysage économique avec la puissance d’un rouleau compresseur. Parallèlement, la conjoncture n’a cessé de se tendre comme un string sur la peau des femmes et des hommes épris de légèreté vestimentaire. Dans leur grande majorité, les services Communication ont très bien compris l’avantage du web pour vous souhaiter « Meilleurs vœux et bonne année ». Process plus rapide, moins d’intervenants, généralement moins cher. Une jolie animation un rien clinquante qui se fond dans l’ambiance « chocolats et crustacés » de la trêve des confiseurs et le tour est joué. Au final, on renvoie très vite le plus talentueux des scribouillards à l’angoisse de sa maudite page blanche. Sans qu’il passe par la case rémunération.

Et puis, un autre problème de taille XXL a fait son apparition… Dans un monde qui cultive le désenchantement comme on cultive les pommes de terre et qui sème le pessimisme à tout vent, il devient presque suspect de proférer des paroles optimistes. Avec « Joyeux Noël » encore, on ne prend pas beaucoup de risque, mais avec « Bonne année », on frise à chaque fois le ridicule. Si on considère le manque à gagner que constitue la concurrence de la Chine et des pays émergents, les impôts et la litanie des taxes qui empêchent de prospérer comme on le devrait, les rapports compliqués qu’entretient le MEDEF avec les syndicats et les salariés, l’insatisfaction chronique de ces derniers croulant sous le poids de la hiérarchie, l’intrusion cette année de ces maudits Gilets Jaunes… Il faudrait être inconscient pour imaginer que l’on puisse passer une bonne et heureuse année, tout à sa plénitude. Non, non, non, le bonheur, c’était avant. Même si on a un peu de mal à situer la période de la béatitude absolue.

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Alors que faire ? Me direz-vous… Eh bien, c’est simple ! Le temps d’un dossier, mettez en sourdine le chant des sirènes du monde digital qui, par ailleurs, se montre en général si efficace. Et puis recontactez votre rédacteur attitré (celui que vous souhaitiez peut-être remplacer par une intelligence artificielle) et parlez-lui sincèrement de vous, des aspects positifs et négatifs de la situation de votre entreprise, évoquez en sa présence vos clients et vos partenaires, ce que vous souhaitez améliorer dans vos relations avec eux, exposez vos projets d’avenir (il est quand même permis d’en avoir)… Comptez ensuite sur son talent rédactionnel pour effectuer une synthèse pertinente de vos échanges. Dans la foulée, il développera un discours original, convaincant, réaliste et séduisant autour des valeurs et de l’ADN de votre activité. Loin des banalités d’usage et des lieux communs sans saveur. Vous pourrez diffuser ces mots choisis dans une simple lettre à en-tête. Même s’il ne vous est absolument pas interdit d’y joindre une jolie carte sur laquelle figurerons les sacro-saints « Joyeux Noël et bonne année ! » si rassurants, mais un rien convenus. La trame rédactionnelle ainsi développée pourra également servir de base à votre prochain communiqué de presse, à vos écrits institutionnels à venir, à votre intervention orale devant les élèves de telle ou telle école. En « parlant vrai » grâce à cette démarche basée sur la réflexion, la sincérité et la transparence, vous avez toutes les chances de conforter la crédibilité de votre enseigne, de votre marque, de votre institution loin des sentis battus. Tout en souhaitant le meilleur à celles et ceux qu’il vous importe de convaincre.

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Légendes photographies :

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Myriam, la voix d’Elvis pour éclairer sa voie.

En 1976, la jeune Myriam assise sur l’un des bancs mythiques de Graceland (1)

Elvis a accompagné son adolescence et reste une source d’inspiration très présente dans sa vie d’adulte. Myriam voue une admiration sincère et exigeante à l’une des figures les plus importantes de la musique au XX ème siècle. Géographe de formation, c’est également un véritable puits de science concernant la carrière du King. Elle a accepté de parler à bâtons rompus avec nous de cet artiste si particulier et finalement si méconnu, particulièrement dans l’Hexagone. Elle nous livre plusieurs souvenirs émouvants de sa jeunesse provinciale durant laquelle il tenait une place si importante. Avec beaucoup de gentillesse, elle a également effectué pour nous une sélection des CD, des livres et des DVD les plus pertinents concernant la carrière d’Elvis. Vous pourrez la retrouver à la fin de l’interview.

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Fantastique ! L’écrit s’invite à l’Opéra…

« Ah bon, la rédaction, c’est un métier ?… »

Article à propos de la campagne réalisée pour l’Opéra national de Paris, signée par l’agence Dream On et photographiée par des artistes de talent tels que Bill Viola (octobre 2018).

Tristan et Isolde : auteur-photographe Bill Viola – Concepteur-rédacteur : John Doe

Quand on est rédacteur et que l’on travaille dans le monde de la communication, on entend souvent ce triste refrain : « Ah, vous savez les textes, personne ne les lit ! » Et quand on voit la place prédominante accordée à l’image dans de nombreux supports de publicité, on pourrait finir par croire que ces esprits chagrins ont raison… Une fois pour toute, ne nous fions pas aux apparences. La suprématie de l’image est un leurre. Et dans une campagne réussie, n’en déplaise à certains, les mots comptent souvent doubles ou triples. Comme au Scrabble. Et font au moins toujours jeu égal avec la partie visuelle. La nouvelle campagne de promotion des spectacles de l’Opéra de Paris nous en offre la plus parfaite illustration.

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Pour ou contre l’open space ? Un rédacteur se met à table…

L’open space, tel qu’en lui-même, un espace épuré à l’extrême…

« Un peu moins d’open spaces et beaucoup plus d’espace vital ! »…
Le cocktail le plus énergisant pour les entreprises dans les années qui viennent ?

Régulièrement, la presse se penche sur le sujet ô combien sensible des « open spaces », ces espaces ouverts dans lesquels cohabitent très souvent les salariés au sein de leur entreprise. Selon les chiffres avancés par Stratégies dans un article intitulé « Et si on faisait bureau à part ? », 80 % d’entre eux travaille dans ce type de configuration. Avec plus ou moins de bonheur semble-t-il. Rédacteur free-lance, je suis évidemment plutôt « espace fermé » : entendez par là que ma vie professionnelle se déroule généralement dans le périmètre confiné de mon appartement. Espace ouvert, espace fermé… Spontanément, la première appellation tend à évoquer la liberté, l’échange, la convivialité. Quant à la deuxième (pauvres rédactrices et rédacteurs !), elle semble nous conduire directement vers les rives sombres du repli sur soi, de la solitude et de la désocialisation. Heureusement, il faut toujours se méfier des apparences, rien n’étant jamais tout blanc ou tout noir. Et l’open space, même s’il bénéficie d’une dénomination très flatteuse, ne donne pas entière satisfaction à ses usagers. Loin s’en faut. Afin de partager quelques réflexions sur ce sujet ô combien d’actualité, j’ai décidé de m’interviewer. À l’heure où l’humanité s’adonne aux selfies avec frénésie, subissant sans broncher la dictature de l’image, je me suis dit qu’il était temps de porter l’auto-interview en tête d’affiche du concert communicationnel universel. Et peut-être ferai-je des émules ?

Que révèle l’expérience évoquée par Stratégies et effectuée par Stephan Turban et Ethan Bernstein, tous deux professeurs à la Harvard Bussiness School ? Lire la suite

Au Clos des Cimaises, s’ouvrir à l’art en pleine nature.

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Mathilde et Jacques Harbelot avec Marc Petit

Si vous pensez encore que l’art ne vient à la rencontre des collectionneurs et des amateurs qu’au cœur des capitales, il va falloir réviser votre jugement. Depuis quelques années, les galeries fleurissent partout en province et souvent dans les endroits les plus improbables. C’est le cas du Clos des Cimaises, un lieu à découvrir sans tarder, situé en pleine campagne, à quelques encablures de La Rochelle, Niort et Surgères. Les propriétaires, Mathilde et Jacques Harbelot, lui-même peintre-graveur, passionnés d’art depuis toujours, ont eu un coup de foudre pour cette grande bâtisse et cette si belle région. Ils ont souhaité y vivre pleinement leur passion pour les artistes qu’ils exposent. À noter que jusqu’au 30 septembre, la galerie accueille les œuvres majeures de la nouvelle période de Marc Petit, un sculpteur très en vue qui possède déjà un musée à son nom à Ajaccio. Lire la suite

Pour le livre, l’été sera chaud et c’est tant mieux !

Scritto ! Rédaction SEO AngersTous les signes extérieurs en attestent : les vacances sont bel et bien là. Il y a du soleil (parfois), il fait chaud (trop ?), les villes se vident de leurs habitants tandis que les touristes s’y engouffrent. Que l’on parte ou que l’on reste, le livre s’impose depuis longtemps comme le compagnon idéal d’une période si particulière durant laquelle, on a tous un peu envie d’arrêter le temps… Résultat : les Français le plébiscitent à 80 % pour remplir leurs valises estivales.
Mais à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux aux contenus rédactionnels relégués au rôle de figurants face à l’omniprésence des images ?… À l’heure des tenants de la communication qui achètent des textes au kilomètre pour séduire Google et avilir dans le même temps de pauvres rédacteurs piégés par la modernité ?… À l’heure des incontournables smartphones, tablettes et autres liseuses, je vous pose la question : l’avenir du livre est-il aussi rayonnant que les soleils de juillet ? Lire la suite

Le Musée numérique de la Sacem : une création virtuelle réellement passionnante.

Plus de 3000 documents le plus souvent inédits, des expositions virtuelles propres à passionner toutes les sensibilités musicales du rock au classique en passant par le jazz et la pop-variété, des archives qui racontent la petite et la grande histoire de la musique diffusée dans l’Hexagone, des entretiens captivants avec les plus grands créateurs, des podcasts… La Sacem, vénérable institution, vient vers nous les bras chargés de cadeaux musicaux à savourer dans un espace virtuel, gratuit et ouvert 24 h/24 7j/7. Bienvenue dans l’ère numérique pour tout connaître des plus beaux airs. Lire la suite

Tristan et Isolde, la danse, et moi, et moi, et moi…

GTG/Grégory Batardon

Ce jour-là (c’était un mardi), j’avais eu une journée ha-ra-ssante. Bon, j’exagère un peu en espérant que vous allez me plaindre mais j’étais quand même très fatigué. Je m’étais levé à l’aube (pour moi 6 heures) afin d’assurer un rendez-vous professionnel important et de retour chez moi, j’avais vaqué à mes occupations diverses et variées (enfin variées, ça dépend des jours…). Cerise sur le gâteau de la journée marathon d’un rédacteur soucieux de se cultiver, je devais me rendre à un spectacle de danse contemporaine. Tristan et Isolde plus exactement, sur une musique de Richard Wagner dansé par le Grand Théâtre de Genève. Le tout chorégraphié par Joëlle Bouvier dont je n’avais jamais entendu parler (honte à moi). J’habite à 20 minutes du théâtre et j’ai pour principe de limiter mes déplacements en voiture. Je me rendrai donc à cette représentation à bicyclette. Lire la suite

Nouvel habillage visuel : un bon point pour France Télévisions.

La télévision de service public navigue souvent en eaux agitées. Et quand elle opte pour un nouvel habillage visuel de ses chaînes (la dernière refonte datait de 2002), difficile de faire l’unanimité. Ce qui semble être le cas avec ces logos minimalistes, enfants légitimes du « less is more »* cher au poète Robert Browning et au célèbre architecte Ludwig Mies van der Rohe, qui s’invitent désormais en haut à droite de nos écrans. Récompensée par le grand prix Stratégies du design 2018, cette nouvelle charte graphique doit accompagner France Télévisons dans sa transformation digitale. Grâce à ce choix courageux inspiré par l’agence Movement et le cabinet de conseil Joosnabhan, il semblerait que le groupe audiovisuel ait marqué un bon point. Lire la suite